Couverts, les végétaux qui travaillent le sol

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Pionnière de la simplification du travail du sol dans le Gers depuis plus de 20 ans, la CUMA de l’Horizon est en perpétuelle évolution sur ses pratiques culturales afin de s’adapter à un contexte pédo-climatique difficile.

Rencontre avec François Coutant adhérent de la cuma de l’Horizon à Ricourt :

A Ricourt, les adhérents de la cuma l’Horizon, créée pour une moissonneuse batteuse en 1989, s’interrogent sur leurs pratiques culturales et se confrontent à d’autres. Le ceta et la coopérative locale vont les accompagner tout au long de leur démarche de simplification des itinéraires. D’abord, au lieu de labourer, ils vont travailler le sol à la fois en profondeur et en surface, avec un Lemken Smaragd, déchaumeur à dents et disques, derrière un tracteur Fendt vario 716. Deuxième étape, le semis. Pour les céréales à paille et le soja, ils s’équipent d’un sem exact de Horsch, semoir direct par recouvrement, puis d’un appareil cousin de  marque Dutzi pour répondre aux augmentations de surfaces. Ces outils sèment en un seul passage, mais demandent une puissance importante, avec un débit de chantier faible et une consommation de gasoil non négligeable.

Le maïs aussi

Le maïs c’est plus délicat, mais ils ont la volonté d’y arriver ! La préparation de sol avec le déchaumeur fonctionne. Question semoir, le Kuhn Nodet est vite abandonné au profit d’un John Deere « Max Emerge », bien connus des farmers américains pour sa simplicité et sa capacité de pénétration en sol peu préparé. Ils tentent de résoudre le problème de la fermeture du sillon en montant des disques semeurs usés à la place des roues plombeuses pour ramener de la terre sur le rang. L’évolution des techniques et surtout du matériel pousse le groupe à s’interroger sur l’efficacité des semoirs combinés. Le choix se porte donc sur un semoir direct Great Plains mécanique permettant de réaliser un bon débit de chantier en maïs comme en céréales. Très efficace en sol sec, ce semoir voit ses limites en conditions humides. La cuma s’intéresse à nouveau aujourd’hui au semis par recouvrement à l’aide d’un déchaumeur à disques indépendants Rabewerk Fieldbird derrière un semis à la volée réalisé à l’épandeur d’engrais. Les levées semblent meilleures qu’avec le Max Emerge avec un débit de chantier beaucoup plus important. Pour le maïs, le prototype développé par le cemagref avec l’AFDI (1) a semé ses premiers hectares en 2012. Il donne satisfaction même si la mise au point n’est pas terminée. Avantage, une mise en terre plus facile sans contrainte mécanique, ce qui permet de respecter la structure tout en nécessitant une  faible puissance de traction.

Les couverts, un équilibre à trouver

Comment pallier l’absence de travail du sol mécanique dans le temps sans altérer la structure physique du sol ? Dès 1996 ils implantent un couvert de graminées, avoine et seigle en  mélange, à détruire 2 mois avant le semis de maïs avec du glyphosate. Le semis est un échec dans un sol détrempé notamment dans les versants nord toujours plus humides.

En 2002, nouvelle tentative avec une légumineuse, la féverole. Le semis est réalisé sur les chaumes de pailles ou les cannes de maïs avec le Great Plains à une dose de 100 à 150 kgs/ha. Problème : la destruction, difficile en pré semis avec du glyphosate seul sans association d’hormone, et délicate en version mécanique. Au printemps, les « fenêtres » d’intervention sont courtes. L’observation d’essais montre que le semis est bien plus joli là où le désherbage n’a pas marché. Pourquoi ne pas semer en direct le maïs dans le couvert vivant qu’on détruira ensuite au rouleau s’il est bien développé, au broyeur s’il n’est pas trop imposant ? Le couvert ainsi détruit permet une restitution d’azote non négligeable permettant de diminuer les quantités d’engrais achetées. Quant au désherbage, il est réalisé avec deux rattrapages, comme pour un semis traditionnel. Là encore ils sont sur des pistes d’amélioration, avec des pendillards sur le rang sur le pulvérisateur monté sur 4×4, rapide et efficace dans les pentes.

L’itinéraire maïs: 4 heures/ha

Coût de mécanisation hors intrants, carburant et main d’œuvre, pour les 9 adhérents du groupe sur 300 ha dont 180 de maïs. Précédent maïs ou blé

Opération Matériel Temps/ha Coût/ha
Désherbage(si vivaces) Mitsubishi L200 (15m)  (1) 6mn 6.50€
Semis de couvert (féverole) SD Great Plains + Fendt 818 33mn 22€
Epandage de fumier(canard et poulet) Epandeur+ Fendt 818  + Fendt 410 chargeur 60mn 24.3€
Semis de maïs Fendt 410 + Max emerge 7 rangs 40m 15.6€
Désherbage glyphosate (selon flore) Mitsubishi L200 (15m) 6mn 6.5€
Roulage Fendt 410 + rouleau 6,30m 15mn 2.50€
1er Désherbage post semis Fendt 410 + pulvé porté 12mn 9€
2ième Désherbage post semis Fendt 410 + pulvé porté 12mn 9€
Engrais Fendt 410 + épandeur 4mn 4.70€
Engrais Fendt 209 + localisateur 20mn 12.80€
Moisson New Holland 5090 6m 40mn 52€
    4,13/ha 164,9€/ha

(1)   Il s’agit d’un pulvérisateur de 15 m de large monté sur un 4×4 pick up Mitsubishi L200 15m

Les couverts, la diversification des cultures et la simplification du travail du sol seront des thèmes importants abordés lors du Salon Mécamaïs 2016. Des spécialistes répondront à toutes vos questions.

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